
Nous sommes 9 au départ, ce jeudi 25 mai vers 14h,
pour attaquer notre premier petit sommet de mise en appétit à partir du Refuge
Torino (« le nouveau ») : L’Aiguille de Toule (3534m), un petit
sommet accessible à quelques minutes à peine du refuge. Les trois cordées
(Christian V. - Catherine - Patrick, Christian F - Philippe - Miguel, Bruno
- Vincent - Laurent) se préparent au refuge et la chenille démarre, raquettes
au pieds sur le Glacier du Géant en direction Ouest, vers le col Oriental
de Toule, jusqu’au début de la voie normale. On chausse les crampons, et à
corde tendue nous arrivons au sommet en quelques pas de mixte, et quelques
zigzag neigeux.




Zoom arrière sur les quelques sorties en Belgique qui nous ont permis de mieux
nous connaître, et de préparer la logistique de la sortie : vérifier
le matériel personnel et collectif, louer ce qui ne peut être emprunté, faire
les réservations d’hôtel, refuge, gîte….
Quelques randonnées en Wallonie profonde, quelques
sorties en rocher (Marche-les-dames, Freyr, Grands-Malades, et Beez) pour
prendre le temps de rêver d’abord, d’échafauder les projets, et de réviser
quelques manips de cordes (relais, remontée sur corde, mouflage) indispensables
pour standardiser nos réactions en cas de problème.
Mercredi 24-05 17h, grand départ, entassés dans 2 voitures
avec tous les sacs bourrés pour une première étape jusqu’au « Formule
1 » de Dôle. Le lendemain, arrivée à Chamonix et passage du tunnel du
Mont
Blanc, puis montée à Torino par le « Funivie ». Après notre première
petite sortie, les prévisions météo sont encourageantes pour les jours suivants,
avec même une montée de la température, et une baisse progressive du vent.
On décide de modifier le programme initial, histoire d’avoir
de la neige pas trop molle pour la Tour Ronde, et d’espérer moins de vent
pour la Dent du Géant.
Petit- déej
et préparation relax du matos. On prend tout notre temps car la course n’est
pas longue. Départ vers 6h30, sur le Glacier du Géant, on prend la direction
Ouest vers le Col des Flambeaux, on contourne l’Aiguille de Toule dont on
peut voir cette fois la face Nord et on descend vers le replat du glacier
que l’on devine très crevassé en été. Heureusement, avec toute la neige qui
est tombée récemment, toutes les crevasses sont bouchées. Au milieu de ce
glacier, il faut remonter la pente neigeuse en direction du Col d’Entrèves.
La voie débute sur la droite par une pente neigeuse
de 45°. On déchausse les raquettes et on met ses crampons.
Aujourd’hui, les 3 cordées ont changé de look :
ce sera Miguel- Philippe-Catherine ; Christian F. - Christian V- Patrick ;
et Bruno- Laurent- Vincent.
En haut de la pente, un petit passage court en mixte
nous conduit au relais du col Freshfield. Suit une petite traversée un peu
gazeuse sur le versant Est, pour rejoindre l’arête Sud-Est qui conduit au
sommet. Nous nous y retrouvons tous vers 9h30 autour de la madonne.
Déjà il faut redescendre pour ne pas trouver une neige
trop molle dans le premier couloir…
Le temps qui est toujours au beau fixe nous permet
de jouir du paysage, et de grignoter quelques biscuits avant la remontée bavante
vers le refuge.
L’après-midi se passe au bar à préparer la course du
lendemain, à imaginer déjà d’autres projets de sommets plus lointains et à
prendre le repos nécessaire. Après le repas du soir, on prépare les sacs,
car l’horaire sera plus « serré » demain.
Samedi 27/05 4h30 du mat pour
« La Dent du Géant » (4013m) par la
voie normale.
On prend le petit- déj
et on s’équipe plus rapidement que la veille. Départ vers 5h45 sur le Glacier
du Géant, en direction des Aiguilles Marbrées qu’il faut contourner par le
Nord.
L’ordre des cordées a encore changé : ce sera
Christian F- Philippe -Vincent ; Miguel - Catherine- Laurent et Bruno- Christian V. - Patrick.
Le vent souffle et le sommet de la Dent est noyé dans
un épais nuage. On s’engage dans la longue montée neigeuse qui doit nous amener
au début de la partie en mixte. Au loin, une cordée semble hésiter à s’engager.
A notre approche, elle s’engage dans la pente. Pendant que l’on déchausse
les raquettes (pour certains), et que l’on s’équipe en crampons, une cordée
italienne attaque à son tour la première pente de neige à 45° (pour aller
ensuite vers les Arêtes de Rochefort).
Les nuages se sont effilochés et le sommet est maintenant
complètement dégagé. Nous nous engageons dans la partie mixte : un itinéraire
complexe, mais dans de la neige bien compacte. On arrive au pied de la partie
rocheuse vers 8h. La base de la voie a été modifiée par un éboulement récent,
et la première longueur nouvellement équipée de plaquettes (± 15m en IV+)
conduit au premier relais. L’équipement de la deuxième longueur (35m en III/IV)
est réduit à sa plus simple expression : 1 plaquette, une sangle pourrie,
et un ancien relais sur pitons. On arrive à une belle plate-forme équipée
d’un gros anneau située un peu plus bas que les plaques Burgener équipées
de câbles de chanvre.
La montée est lente pour les trois cordées qui se suivent,
et l’horaire s’allonge. C’est seulement vers midi que la première cordée arrive au dernier relais avant
la longueur qui mène au sommet, c’est à dire à l’anneau qui sert de rappel
de descente. Il est trop tard pour continuer, et la prudence commande de descendre
sans avoir caressé la madonne de la pointe Graham.
Quelques rappels avec de méchants coincements de corde
nous ramènent au pied de la voie. Il ne faut pas traîner car la descente en
mixte, à cette heure de la journée où le soleil a déjà un peu ramolli la neige,
nous oblige à rester prudents jusqu’au bout.
Nous sommes au bas de la voie vers 15h, et c’est en
cavalant vers le refuge que nous arrivons à attraper la dernière benne de
16h30.
Cerise sur le gâteau, une bonne raclette nous attend
à Cham, avec vue sur toutes ces aiguilles qui ont l’air d’être là, magnétiques,
pas seulement « pour le plaisir des yeux », mais pour nous inviter
à les gravir.
Le groupe : Bruno de Mathelin, Catherine Dupont,
Christian Fontaine, Christian Vandeplas, Laurent Lejong, Miguel Derricks,
Philippe Gelin, Partrick Simons, et Vincent Vandeplas
Aiguille
de Toule : Face Est, voie normale : 3354m ; cotation :
PD- ; Longueur des difficultés : 125m ; type d’escalade :
mixte ; inclinaison max : 30° ; Itinéraire de descente :
idem qu’à la montée.
La
Tour Ronde : Face Est, voie normale : 3792m ; cotation :
PD+ ; longueur des difficultés : 200m ; type d’escalade :
mixte ; inclinaison max : 50° ; Itinéraire de descente :
idem qu’à la montée.
Topos et sources :
Guide Vallot
http://www.ohm-chamonix.com/ETE/accueil.php
http://alpinisme.camptocamp.com/guide.html
http://www.chamonix-meteo.com