
Ce stage de Pâques 2003 fut pour Michel Notteghem et moi-même
une merveilleuse expérience d’escalade et d’amitié.
Pensez-donc, être d’un tout petit niveau (4 en tête, pour moi en tout cas) et parvenir à grimper sur les parois mythiques du Verdon, chapeau bas, le moniteur!
Au refuge de la Maline, nous avions un dortoir pour nous trois et donc suffisamment d’intimité pour s’exercer aux relais en pyjama sans craindre le ridicule…
Lundi:
Première prise de contact avec le rocher, calcaire gris et jaune, aux
falaises écoles de Valaut Ouest.
Relais, rappels, puis une petite voie en deux longueurs, Mimi Cracra.
La cordée s’organise, sous l’oeil de Christophe qui nous
accompagne sur corde fixe.
Le soir, après avoir englouti mon riz aux légumes au refuge,
révisions des noeuds, dans la chambre.
Yes, Sir!
Mardi:
Grande voie de huit longueurs: l’Arête du Belvédère.
Nous montons en second, Michel et moi, le Tof préférant nous
laisser déguster l’ambiance sans plus de stress.
Le temps est ensoleillé et surprenant de douceur. La voie, cependant,
est un peu plus difficile que celle de la veille.
Ah! La fissure où les chaussures, pendues au baudrier se coinceront
avec bonheur…
Programme du soir, c’est à dire après le camembert du
midi pris à cinq heures (!): moulinettes “plein gaz”, au
belvédère de la Carelle.
Mazette!
Surtout la descente.
Mais le Verdon en contrebas et les arbres qui décorent les parois,
sont finalement une présence bien amicale.
Crevés, nous prîmes le repas du refuge, un super pot-au-feu.
Bien mérité.
Devoir du soir, recopier le topo de la voie du lendemain.
Yes, Master!
Mercredi:
Le temps est lourd aujourd’hui.
El Gringo Loco, ce sont trois longueurs que nous allons faire en réversible.
Heureusement que nous avons l’homme araignée à nos côtés!
Car la nervosité est plus que palpable…
A la sortie, les premières gouttes nous font fuir, pour une séance
touristique, là où les gorges s’évasent au “Point
Sublime”.
Trempette des papattes dans la rivière et, le ciel redevenant plus
clément, nous voilà repartis vers le Miroir du Fou nous frotter
les chaussons sur de la “super dalle adhérante” (sic!)
en prévision du lendemain.
Je me perds dans les buissons en croyant qu’ils se cachaient pour me
faire une blague.
Même pas!
Quel sérieux, les hommes!
Michel nous fait des patates au lard, que l’on arrose d’un Pinson des Gorges (pour les suivants, laissez-en quelques bouteilles pour les autres, à la superette de la Palud, s.v.p…)
Jeudi:
Les quatre descentes en rappels sont impressionnantes. Nous avons encore besoin
de fixer toutes ces manip’s de corde en tête, c’est sûr.
La voie du jour, Les Dalles Grises, s’explique d’elle-même…
Ce calcaire est décidément de plus en plus sympa. Peut-être
progressons-nous un peu?
Il y a six longueurs et il fait bien chaud.
Certains tombent la chemise. Chouette à Pâques!
Pour finir, moulinettes encore super gazeuses dans la sortie de pichenibule.
Le calcaire adhère, soit, mais où sont les prises?!
Le soir, c’est Christophe qui fait le cordon bleu et nous sert des spaghettis
lardons-crème, hmmm!
Vendredi, dernier jour:
Nous grimpons dans un grand dièdre jaune, Saut D’Homme, qui n’est
pas facile du tout, sous l’oeil des vautours.
Ces grands oiseaux bruns sont délicieusement majestueux et leur vol,
quand ils sont assez proches, nous apporte le souffle de leurs ailes.
Leur présence est aussi très apaisante.
Michel a du mal aujourd’hui dans un 6A. Il y a une fissure dans laquelle
son épiderme laissera quelques traces. Il en sortira assez éprouvé
(l’épiderme).
Pour ma part, je volerai en tête, dans mon 5B.
Heureusement, Christophe était là, juste à temps pour
m’attraper le baudrier, afin que ma chute soit mieux orientée.
Mais le moral est bon et pour finir la journée, nous demandons à
Christophe de….faire des exercices de vol.
Il nous organisera une séance en toute sécurité sur une
voie du Miroir du Fou, avec, et puis enfin sans, contre-assurage.
Une belle expérience, assurément!
Voilà, après un retour sous la drache, il ne nous reste plus
que les photos et l’envie d’y retourner.
Un grand merci à toi, Christophe.
Caroline Larivière